Une rétrospective de sprint est la réunion Scrum récurrente qui se tient à la fin de chaque sprint, au cours de laquelle l’équipe fait le point sur son fonctionnement et convient de mesures d’amélioration concrètes pour le sprint suivant. Il s’agit de la principale occasion pour l’équipe d’examiner et d’adapter ses méthodes de travail, et c’est la dernière des quatre cérémonies Scrum de chaque sprint.

La plupart des équipes sont capables d’organiser une rétrospective de sprint. Mais elles sont bien moins nombreuses à en organiser une qui permette de modifier le sprint suivant, et c’est là le seul critère qui compte vraiment. Si vos rétrospectives vous donnent désormais l’impression d’être une réunion dont personne ne se soucie, vous n’êtes pas les seuls. Le format devient routinier, ce sont toujours les deux mêmes personnes qui prennent la parole, et les actions à mener sont consignées puis discrètement oubliées. Le problème ne réside généralement pas dans le fonctionnement, mais dans le suivi.

Ce chapitre explique ce qu’est une rétrospective de sprint, en quoi elle diffère de la revue de sprint, les cinq étapes qui structurent la réunion, ainsi que l’aspect que la plupart des guides négligent : comment veiller à ce que les actions soient réellement mises en œuvre. La « rétrospective », comme on l’appelle couramment, est également désignée sous le nom de rétrospective Scrum ou de rétrospective agile. Quel que soit le nom que vous lui donniez, l’objectif reste le même : améliorer le fonctionnement de l’équipe à l’avenir, en s’appuyant sur les enseignements tirés du sprint qui vient de s’achever.

Sprint retrospective in TeamRetro

Lorsqu’elle est bien menée, la rétrospective constitue le moment le plus déterminant de votre cycle de sprint. L’équipe fait le point sur ce qui a bien fonctionné et ce qui n’a pas fonctionné, identifie les thèmes récurrents, vote pour déterminer ce qui importe le plus et s’accorde sur une courte liste d’actions à mettre en œuvre. Ce sont ces actions qui permettent à l’équipe d’analyser et de s’adapter en permanence, et d’améliorer à la fois la qualité et le rythme de son travail.

Rétrospective de sprint vs revue de sprint

Ces deux cérémonies sont sans cesse confondues, et c’est précisément cette confusion qui constitue la raison la plus courante pour laquelle une rétrospective se transforme en simple point sur l’état d’avancement.

Conformément au Guide Scrum, la revue de sprint porte sur le produit : ce qui a été développé, si cela répond à l’objectif visé et ce qu’en pensent les parties prenantes. La rétrospective de sprint porte sur le processus : la manière dont l’équipe a collaboré, les outils qui l’ont aidée ou ralentie, et ce qu’elle devrait essayer de faire différemment. L’une porte sur les résultats obtenus. L’autre porte sur la manière dont le travail a été réalisé.

Veillez à ne pas franchir cette ligne. Dès qu’une rétrospective de sprint se transforme en simple énumération des tickets clôturés, vous avez perdu de vue l’objectif de la réunion, qui doit porter sur l’équipe et non sur le backlog. Pour une comparaison détaillée, consultez sprint review vs rétrospective de sprint.

Quelles questions sont posées lors d’une rétrospective de sprint ?

Les principaux domaines que l’équipe doit explorer sont les suivants :

  1. Qu’est-ce qui s’est bien passé ?
  2. Qu’est-ce qui n’a pas bien fonctionné ?
  3. Quelles sont nos idées pour l’avenir ?
  4. Comment mettre ces mesures en pratique ?
  5. Qui devons-nous remercier, et de quoi avons-nous besoin ?

La liste précise des questions peut s’inspirer d’un thème abordé lors d’un entretien individuel, des retours d’expérience de l’équipe ou d’une source de données telle que vos indicateurs de sprint. Il est utile de varier les questions tous les quelques sprints afin qu’elles restent pertinentes et d’actualité, et pour éviter que les réunions ne deviennent une source de lassitude.

Qui participe à la rétrospective de sprint ?

La rétrospective de sprint est une réunion de l’équipe Scrum. Selon l’équipe, elle peut inclure tout ou partie des éléments suivants :

  • Le Scrum Master, qui assure généralement la modération
  • L’ensemble de l’équipe de développement ou l’équipe Scrum
  • Le Product Owner
  • Un coach agile
  • Un observateur

Les parties prenantes sont généralement écartées afin que l’équipe puisse discuter ouvertement de son fonctionnement, plutôt que de devoir faire une démonstration devant un public.

TeamRetro Academy

Combien de temps doit durer une rétrospective de sprint ?

Cela dépend généralement de la durée de votre cycle de sprint. À titre indicatif :

  • Sprint de deux semaines : environ 90 minutes
  • Sprint d’un mois : environ 3 heures
  • Durée d’une itération plus longue : jusqu’à un jour

Plus le sprint est court, plus la rétrospective est courte. L’important est qu’elle soit suffisamment longue pour aboutir à des actions concrètes et convenues, et suffisamment courte pour que l’énergie ne retombe pas. Un cadre temporel strict permet de maintenir le rythme de la rétrospective et empêche un sujet de monopoliser toute l’heure.

Les cinq étapes d’une rétrospective efficace

La structure qui permet de maintenir le cap, sprint après sprint, est tirée de l’ouvrage d’Esther Derby et Diana Larsen intitulé Agile Retrospectives: Making Good Teams Great. Leur modèle en cinq étapes attribue à chaque partie de la réunion un rôle spécifique, ce qui permet justement d’éviter qu’une rétrospective ne se transforme en une séance de plaintes désorganisée. Le Scrum Master guide l’équipe tout au long de ces cinq étapes.

  1. Préparez le terrain. Mettez les participants à l’aise et incitez-les à s’exprimer. Une question d’introduction rapide s’avère ici plus efficace qu’on ne le pense, et c’est également à ce moment-là que vous choisissez le modèle de rétrospective qui servira de cadre à la séance.
  2. Recueillez des données. Recueillez des informations sur ce qui s’est réellement passé, sans tenir compte pour l’instant des opinions à ce sujet. Une analyse de la chronologie des événements, les indicateurs de sprint ou une simple série de questions du type « Qu’avez-vous remarqué ? » constituent autant de méthodes efficaces. C’est à ce moment-là que le Scrum Master endosse pleinement son rôle de facilitateur.
  3. Tirez des enseignements. Recherchez des tendances et des liens entre les données. Pourquoi le même obstacle est-il apparu lors des trois derniers sprints ? Regroupez les idées similaires, votez pour celles qui vous semblent les plus importantes et discutez en détail des éléments les mieux classés.
  4. Décidez de la marche à suivre. Transformez ces enseignements en une courte liste de changements concrets et réalisables. Pas dix. Deux ou trois. C’est cette étape qui distingue une rétrospective d’une simple discussion.
  5. Clôturez la rétrospective. Confirmez ce qui a été convenu, assurez-vous que chaque action a bien un responsable, remerciez l’équipe et terminez à l’heure.

Si vous passez à côté de l’étape « préparer le terrain », une équipe discrète restera discrète. Si vous passez à côté de l’étape « décider de la marche à suivre », vous vous retrouverez face à un déversement de sentiments sans qu’aucun responsable ne soit identifié. Chaque étape permet de pallier un type d’échec spécifique ; c’est pourquoi le fait de prendre des raccourcis à ce stade se répercutera plus tard sur vos résultats, et non pas directement lors de la réunion.

Chaque étape correspond à un modèle de rétrospective prêt à l’emploi dans TeamRetro, de sorte que la structure, le chronomètre et le système de vote sont déjà configurés avant que quiconque ne rejoigne la session.

Faites en sorte que vos actions concrètes portent réellement leurs fruits

Voici l’étape que la plupart des guides omettent, et c’est celle qui détermine si votre rétrospective valait bien cette heure consacrée : que deviennent les actions décidées une fois que tout le monde s’est déconnecté ? Les rétrospectives échouent rarement par manque d’idées. Elles échouent parce que ces idées ne se traduisent jamais par un changement concret que l’on puisse mettre en avant.

La solution est d’une précision presque ennuyeuse :

  • Un propriétaire par action. Pas « l’équipe ». Un nom.
  • Un sprint. Si cela ne peut pas être réalisé avant la prochaine rétrospective, c’est trop ambitieux. Décomposez-le en tâches plus petites.
  • Examinez d’abord les engagements, puis passez à la rétrospective. Avant de collecter de nouvelles données, vérifiez la dernière série d’engagements. Ont-ils été tenus ? Si ce n’est pas le cas, pourquoi ?

C’est ce troisième point que les équipes négligent en premier, et c’est lui qui donne tout son sens aux deux autres. Une mesure à mettre en œuvre qui n’est jamais réexaminée n’est qu’un post-it comportant des étapes supplémentaires. Pour en savoir plus à ce sujet, consultez les conseils pour des rétrospectives de sprint concrètes et les raisons pour lesquelles les rétrospectives échouent afin de mieux comprendre le schéma sous-jacent.

Comment amener une équipe peu loquace à s’exprimer

Chaque équipe est confrontée à une variante du même problème : deux personnes parlent, les autres acquiescent. Il s’agit rarement d’un manque d’implication. Le plus souvent, la confiance n’a pas encore été établie, en particulier au sein des équipes récentes ou dispersées géographiquement. Quelques mesures permettent de faire bouger les choses : établissez comme règle que les rétrospectives visent à améliorer le système plutôt qu’à attribuer des notes aux individus ; permettez aux participants de proposer des idées de manière anonyme afin que les opinions impopulaires puissent tout de même être exprimées ; et alternez les animateurs afin que la salle ne soit pas toujours au service de la même personne.

Tout cela n’a rien de compliqué. Il faut simplement que ce soit mûrement réfléchi, car une rétrospective discrète ne se présente pas comme un problème de confiance. Elle ressemble simplement à une brève réunion. Pour consulter le guide complet, voir Comment organiser une rétrospective offrant un environnement psychologiquement sûr.

Évitez que les rétros ne perdent de leur intérêt

Même une rétrospective bien menée perd de son intérêt si elle se déroule de la même manière à chaque sprint. Les cinq étapes ne changent pas, mais le format qui les encadre devrait, de manière délibérée, être modifié tous les quelques sprints. Les signes sont faciles à repérer : les participants répondent en pilote automatique, les mêmes post-it réapparaissent avec des formulations différentes, ou quelqu’un soupire lorsque l’invitation du calendrier s’affiche. Cela ne signifie pas que les rétrospectives ont cessé d’être efficaces. Cela signifie simplement que cette forme particulière de rétrospective a fait son temps.

Le fait d’alterner entre quelques formats permet de renouveler la structure sans pour autant perdre la rigueur qui la sous-tend. Nos articles sur comment éviter les anti-modèles lors des rétrospectives et comment surmonter le biais de récence approfondissent la manière d’empêcher les rétrospectives de se transformer en simple rituel.

Organisez votre rétrospective de sprint dans TeamRetro

Une rétrospective de sprint n’a de raison d’être dans le calendrier que si elle permet de modifier le déroulement du sprint suivant. Cela implique de bien distinguer la revue de la rétrospective, de laisser à chacune des cinq étapes la place nécessaire pour remplir son rôle, de créer un climat propice à l’expression des personnes les plus discrètes, et de considérer les actions à mener comme des engagements plutôt que comme de simples notes.

Le plus difficile, c’est d’assurer le suivi, et un meilleur format de réunion ne suffit pas à lui seul à résoudre ce problème. Organisez votre prochaine rétrospective dans TeamRetro : la structure, le minuteur et le suivi des actions y sont intégrés, et les actions du dernier sprint sont automatiquement reportées, ce qui évite d’avoir à relancer manuellement les personnes concernées. Parcourez la bibliothèque de modèles de rétrospective pour choisir un point de départ.

Foire aux questions

Qu’est-ce qu’une rétrospective de sprint ?

Une rétrospective de sprint est une réunion Scrum récurrente qui se tient à la fin de chaque sprint, au cours de laquelle l’équipe fait le point sur son fonctionnement et convient de mesures d’amélioration concrètes pour le sprint suivant. Il s’agit de la principale occasion pour l’équipe d’examiner et d’adapter ses méthodes de travail, et c’est la dernière des quatre cérémonies Scrum de chaque sprint.

Qui participe à une rétrospective de sprint ?

La rétrospective de sprint est une réunion de l’équipe Scrum ; elle rassemble donc les développeurs, le Product Owner et le Scrum Master. C’est généralement le Scrum Master qui anime la réunion. Les parties prenantes n’y participent généralement pas, afin que l’équipe puisse s’exprimer librement sur son fonctionnement ; un coach agile ou un observateur peut parfois y assister pour apporter son soutien à l’équipe.

Quelle doit être la durée d’une rétrospective de sprint ?

Limitez la durée de la rétrospective à celle du sprint. En règle générale, on compte environ 90 minutes pour un sprint de deux semaines et jusqu’à environ trois heures pour un sprint d’un mois. Plus le sprint est court, plus la rétrospective doit être courte ; l’essentiel est qu’elle soit suffisamment longue pour aboutir à des actions concrètes et consensuelles.

Quelles sont les cinq étapes d’une rétrospective de sprint ?

Esther Derby et Diana Larsen décrivent cinq étapes : préparer le terrain, collecter des données, dégager des enseignements, décider des actions à mener et clore la rétrospective. Le Scrum Master guide l’équipe à travers chacune de ces étapes afin que cette réflexion débouche sur une liste concise et appropriée d’améliorations à mettre en œuvre lors du prochain sprint.

Quelle est la différence entre une rétrospective de sprint et une revue de sprint ?

La revue de sprint porte sur le produit : l’équipe présente ainsi le travail achevé aux parties prenantes et recueille leurs retours. La rétrospective de sprint porte sur le processus : l’équipe réfléchit à la manière dont elle a travaillé et convient des améliorations à apporter. La revue s’adresse aux parties prenantes, tandis que la rétrospective s’adresse à l’équipe elle-même. Consultez notre chapitre consacré à la revue de sprint et à la rétrospective pour une comparaison complète.